Nous entendons beaucoup parler de la permaculture en ce moment, et cela m’a amené à suivre ses principes dans ma pratique des légumes (même si beaucoup de choses dans mon jardinage s’alignent déjà sur la permaculture).
Aller plus loin, c’est ce que je vous propose ici : créer ensemble un petit potager durable en permaculture. Je compte appliquer tout ce que j’ai pu apprendre récemment et partager, comme toujours, des conseils concrets, basés sur le terrain.
Mais qu’est-ce que la permaculture, concrètement ?
La permaculture en 3 mots
Penser permaculture, c’est choisir une vision globale : protéger l’environnement, tenir compte des besoins humains et essayer de concilier les deux. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’état d’esprit de la permaculture, sachez qu’il existe des ressources très accessibles en ligne.
Un principe de base reste l’adaptabilité. Ici, je décris la démarche d’un habitant d’une petite banlieue, souhaitant un coin potager facile à vivre, productif et sans prise de tête. Chez moi, ça prend plusieurs formes : un grand rectangle de 50 m² destiné à de nombreuses cultures et un petit espace de 1,20 m par 1,80 m, entouré par de simples planches de 20 cm.
Tout au long de cette série, je détaille chaque étape concrète de la création, la culture et l’entretien de ce genre de potager rectangulaire, fondé sur mon expérience personnelle. Vous pourrez ainsi transposer ces conseils directement chez vous. Faire pousser des légumes sur une petite surface toute l’année, en respectant les principes permaculturels, ce n’est vraiment pas réservé aux experts.
Lancer le projet à l’automne a beaucoup de sens : la terre a tout l’hiver pour se régénérer en douceur.
La phase de conception
Dessiner un plan du terrain, c’est le point de départ : on repère l’ombre, on réfléchit à l’emplacement. Avant tout, prenez le temps de clarifier vos attentes. De mon côté, cet espace doit :
- servir de cas pratique à partager ici,
- devenir un espace de test pour de nouvelles façons de cultiver (on verracela dès les premiers beaux jours),
- permettre de récolter certains légumes compliqués ailleurs, par exemple les carottes qui ne s’accommodent pas de toutes les parcelles.
L’idéal est de choisir un coin très ensoleillé et d’éviter la proximité des arbres, dont les racines pourraient déborder sur le potager.
Pour donner toutes ses chances à la terre, je délimite clairement la parcelle. Impossible de préserver la vie du sol si on piétine n’importe où. Dès que la planche est installée, fini les bêchages ou retournements : tout doit se faire en douceur pour garder vers de terre et micro-organismes actifs.
Niveau format, une largeur de 1,20 m me paraît idéale : on atteint partout sans marcher sur la terre, et avec 2,40 m de long, la surface reste raisonnable, suffisamment grande pour expérimenter et apprendre.
Nous prenons des mesures
Adaptez toujours ces démarches à votre propre contexte : chaque jardin est unique.
Ma terre, ici, est caillouteuse, sèche, pas franchement accueillante. Résultat, il faudra apporter de la bonne terre, l’améliorer, tamiser pour enlever le pire, puis amender en profondeur.
Si votre sol vous semble déjà nourricier, gardez votre énergie pour la suite, inutile de tout chambouler.
Pour matérialiser le rectangle, rien de tel que piquets et ficelle : angles droits garantis.
S’il reste un coin d’herbe, mieux vaut enlever les plaques les plus épaisses et les mettre de côté. Elles seront très utiles, j’en reparlerai plus tard.
Cette saison a été rude : la sécheresse a tout grillé, à peine quelques touffes d’adventices à extraire, c’est dit.
Vient alors le moment de retirer la couche superficielle du sol. Je la mets de côté sur une bâche. Retourner la terre n’est pas idéal pour la vie souterraine, c’est évident. Pourtant, lors de la création d’une nouvelle plate-bande, ce passage s’impose, mais seulement une fois. Dès qu’on a recréé de la biodiversité, tout doit se faire sans bouleverser ce monde minuscule.
Dans quels cas laisser la terre tranquille ?
Pour certains sols très tassés, argileux ou détrempés dès qu’il pleut, retourner n’aide en rien. L’eau chasse l’air, il ne se passe plus rien dans le sol. Là, il vaut mieux creuser les allées, récupérer la bonne terre du dessus et surélever la planche pour un drainage efficace.
Ici, après tamisage, le constat est limpide : trois seaux de terre pour un de cailloux. Retirer 20 cm de profondeur, c’est du sport, mieux vaut s’équiper d’une bonne pioche. Sur un terrain plus souple, descendre à 25 ou 30 cm, c’est l’idéal pour de futures récoltes abondantes. Cette terre mettra tout de suite à profit, on reviendra dessus bientôt.
Les pierres sont légion, alors je tamise tout pour ne conserver que la fraction la plus fine, celle qui nourrira mes jeunes plants.
Fixer les limites
Pour encadrer la plate-bande, cette fois, j’ai opté pour de la brique, histoire d’assurer la longévité. Terminé le bois qui vieillit, les bordures s’installent pour durer.
Ce choix n’a rien d’obligatoire : planches, bordures en béton ou pierres sèches conviendront aussi. L’idée de base reste la même : faire avec ce qu’on a sous la main et éviter le gaspillage. Recycler, c’est bien dans l’esprit ! Beaucoup trouvent leur bonheur parmi des matériaux récupérés, souvent gratuitement ou pour quelques euros, si on cherche un peu.
La suite arrive
Pour la prochaine étape, prévue très bientôt, je partagerai deux points clés :
- Quel intérêt de retourner la terre si on refait tout ensuite ?
- À quoi sert la brique manquante au nord, remplacée ici par un panneau mobile ?
La suite de cette série est déjà disponible pour ceux qui souhaitent aller plus loin.
Peut-être cette lecture vous donnera-t-elle l’envie de tenter l’expérience à petite échelle, juste à deux pas de la maison, pour des herbes ou quelques salades toujours accessibles. Grand terrain ou non, rien n’empêche d’ajouter un carré malin à votre décor.
Questions, doutes ou retours d’expérience ? Les commentaires vous attendent. Pendant ce temps, je prépare déjà la prochaine page, mains pleines de graines et idées.







